Alexandre Silvestre (1672-?)

Alexandre Silvestre (1672-?)

Alexandre Silvestre, Graveur

Alexandre Silvestre, né le 27 décembre 1672 aux Galeries du Louvre, reste de loin le plus méconnu des quatre fils d'Israël Silvestre. Il est baptisé à Saint Germain l'Auxerrois le 13 juin 1673, en présence du Sieur Alexandre Bontemps, premier valet de chambre du roi, surintendant des châteaux, parcs, domaines et dépendances de Versailles, et de Marie Guichon, épouse du célèbre Charles Perrault, alors contrôleur des bâtiments du roi, parrain et marraine.

Alexandre apprend probablement l'art du dessin et de la gravure avec son père mais montre également des dispositions avancées pour les lettres. Il étudie jeune et s'oriente bientôt vers l'état ecclésiastique, voie qu'il semble avoir poursuivi jusqu'à l'âge de 30 ans environ. En 1699, il publie à Paris une traduction en vers latins de l'Imitation de Jésus-Christ, dédiée au duc de Beauvilliers, qu'il signe : "Alexandro Silvestre, Clerico, Israëlis filio.".

Alexandre conserve pour autant le goût des arts. Il revient à la vie laïque et retourne travailler à l'atelier familial, alors dirigé par son frère Charles-François. Il s'adonne avec succès à la gravure et "met en lumière" plusieurs séries de paysages dessinés par Louis Silvestre l'aîné, dont la plupart est encore connue aujourd'hui. Bien que sa pointe soit moins fine que celle de son père, il sait rendre parfaitement les contrastes de lumière des dessins qu'il copie.

La vie privée d'Alexandre nous reste pratiquement inconnue. Il semble s'éloigner progressivement de sa famille et n'est plus mentionné dans aucun acte d'état civil après le règlement de la succession de son père, en 1694. Alexandre se marie le 17 janvier 1718, à Paris, avec Marie Gillot, fille de Pierre Gillot, entrepreneur de bâtiments et de Marguerite Delage. Il est alors désigné comme peintre, demeurant rue de Cléry. Nous ne connaissons ni le lieu ni la date de sa mort.

Observation :

L'œuvre d'Alexandre Silvestre ne nous est en fait parvenue que grâce à l'inscription "A. Silvestre sculp." (I.e. "Gravé par A. Silvestre") qui figure sur plusieurs estampes exécutées d'après les dessins de Louis Silvestre l'aîné et publiées par Charles-François. Alexandre est-il réellement l'auteur de ces gravures ou s'agit-il d'Antoine Silvestre, son neveu, fils de Louis l'aîné, comme certains ont pu le penser ?

Cette deuxième hypothèse s'appuie en particulier sur le fait qu'Antoine Silvestre, qui a exercé les activités de graveur et de dessinateur, est désigné par Mariette dans son ABECEDARIO comme étant un des auteurs des suites gravées d'après Louis. Elle présente néanmoins une faiblesse en termes de chronologie : certains de ces paysages ont été gravés en 1704 et en 1705, soit 1 à 2 ans seulement après le mariage de Louis. Ce dernier ne pouvait donc pas avoir de fils en âge d'exécuter les œuvres dont il est question, aussi précoce soit-il.

Ainsi, sans mention plus explicite du nom de l'auteur, "A. Silvestre sculp." semble bien devoir désigner le travail d'Alexandre, en tous cas sur les œuvres datées du premier quart du dix-huitième siècle. Nous ne connaissons en revanche aucune pièce qui puisse être attribuée avec certitude à Antoine.

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