Charles-François Silvestre (1667-1738)

Charles-François Silvestre (1667-1738)


Charles François Silvestre

 

Graveur, Maître à dessiner du Roi, des Enfants de France et des pages des Grande et Petite Ecuries

Fils aîné d'Israël Silvestre et de Henriette Sélincart, Charles-François naît à Paris le 10 avril 1667. Il apprend très jeune le dessin auprès de son père avec qui il travaille dans l'atelier familial, comme le feront tous ses frères. Il étudie également le dessin et la peinture avec Charles Lebrun et Joseph Parrocel et saura tirer profit des leçons de tels maîtres.

En 1681, Charles-François n'a que 14 ans lorsque son père le juge suffisamment habile dans son art et démissionne en sa faveur de la charge de maître à dessiner des pages de la Grande Ecurie. Il remplit alors son office de professeur et jouit des privilèges et gages associés, tout en continuant à se perfectionner auprès de ses maîtres. Sept ans plus tard, en 1688, Charles-François, dessinateur accompli, obtient la charge de maître à dessiner des gardes de la marine. Il part alors s'installer à Brest pour remplir son office et y reste pendant trois ans.

Charles-François démissionne de sa charge et revient s'installer à Paris en 1691, après la mort de son père. Il obtient rapidement un logement aux galeries du Louvre (celui de Jean Berrain, qui s'est vu lui-même accorder celui occupé jusqu'alors par Israël Silvestre). Encore jeune et déjà estimé des amateurs, il épouse, le 9 juin 1693, Suzanne Thuret, alors âgée de 17 ans, fille d'Isaac Thuret, membre de l'Académie de sciences, horloger du Roi et de l'Observatoire. Suzanne lui donnera 6 enfants, dont 4 morts en bas âges. Les deux autres, Suzanne et Nicolas-Charles, suivront les traces de leur père en embrassant une carrière artistique.

Un an et demi après son mariage, le 1er janvier 1695, Charles-François Silvestre est nommé maître à dessiner des Enfants de France, les jeunes ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berry, petit-fils de Louis XIV. Il se consacre à sa charge avec application et saura garder les faveurs de ses élèves. Ceux-ci font d'ailleurs des progrès rapides et dessinent avec facilité, comme en témoignent deux paysages exécutés à la plume et dédicacés à leur professeur par les ducs de Bourgogne et d'Anjou (Archives Nationales).

Il est probable que le travail de maître à dessiner des Princes s'arrêta lorsque ces derniers atteignirent leur majorité, entre 1702 et 1706. Charles-François continua néanmoins à jouir des revenus de sa charge ainsi que de ses logements au Louvre et à Versailles. Il retrouve d'ailleurs son rôle de professeur en 1717, en obtenant le brevet de maître à dessiner du jeune roi Louis XV, âgé de 7 ans. Charles-François est admis à l'Académie Royale de peinture, comme peintre paysagiste, le 30 décembre 1737. Il ne fera jamais son entrée officielle à l'Académie, étant mort quelques mois après son admission.

On connaît peu de peintures de Charles-François Silvestre, qui jouit néanmoins d'une bonne réputation ; il semble qu'il se soit surtout consacré au dessin et à la gravure. Les gravures sont produites dans l'atelier familial aux galeries du Louvre, en collaboration avec ses frères Louis l'aîné et Alexandre. Les pièces, dont l'attribution est souvent difficile, sont éditées et vendues par Charles-François, avec privilège du roi (« C.P.R. »). Il a surtout beaucoup dessiné et laisse dans ce genre un grand nombre de compositions, en partie conservées au Louvre. Parmi son œuvre, citons une étonnante suite de 29 dessins (également gravée), dédiée au duc de Bourgogne et représentant des personnages en costumes turcs, témoins de l'engouement de son époque.

Artiste de talent, Charles-François est également un grand amateur d'art, alliant le goût à une parfaite connaissance des maîtres anciens acquise au cours de ses années d'études. Il a hérité de son père d'une petite collection d'œuvres d'art (en particulier des dessins et gravures rapportés de voyages en Italie) qu'il ne cesse d'enrichir avec des œuvres des principales écoles européennes. Son cabinet au Louvre, dont il a fait peindre le plafond par Bon Boulongne, est apprécié des amateurs. Lors de sa mort, le 8 février 1738, il laisse à ses deux enfants une riche collection de tableaux, dessins et gravures, qui restera dans la famille jusqu'au décès de son petit-fils, Jaques-Augustin.

Documents :

 


© Site conçu et réalisé par Fabien de Silvestre