Louis Silvestre dit "l'aîné" (1669-1740)

Louis Silvestre dit "l'aîné" (1669-1740)

Louis Silvestre dit l'aîné (1669 - 1740)

Peintre ordinaire du Dauphin, Maître à dessiner du Dauphin, Membre de l'Académie Royale de peinture et de sculpture

Louis Silvestre, également appelé Louis l'aîné pour le distinguer de son frère cadet qui porte le même prénom (Cf. notice consacrée à Louis de Silvestre), naît aux galeries du Louvre le 20 mars 1669, d'Israël Silvestre et Henriette Sélincart. Il est baptisé le 26 du même mois à Saint Germain l'Auxerrois.

Témoignant de la considération qu'il à pour son maître à dessiner, Louis, le Grand Dauphin (fils de Louis XIV), fait l'honneur à Israël d'être le parrain de ce second fils. La marraine est Marie-Julie de Saint-Maure, femme du Comte de Crussolles. Voir les signatures

Louis s'initie sans doute assez tôt au dessin, de même que ses frères, bénéficiant des leçons de son père et profitant de la richesse que lui offre l'environnement des artistes aux galeries du Louvre. Il se destine pourtant à une carrière militaire et entre dans la compagnie des Mousquetaires du Roi vers 1692, avec laquelle il se distingue lors de plusieurs rencontres dans la campagne du Brabant. Il n'y reste que 2 à 3 ans et retrouve rapidement la vie civile (il est en effet désigné comme " ci-devant mousquetaire du roi " au moment du partage des biens de son père en 1694, preuve qu'il avait quitté cet état depuis peu).

A partir de ce moment, Louis se consacre entièrement à son goût pour les arts. On sait peu de chose de sa formation ; on ignore le nom de ses maîtres ou s'il fit le traditionnel voyage en Italie, indispensable aux artistes de son époque pour l'accomplissement de leur formation.

Doué d'une certaine facilité, Louis s'adonne à la fois à la peinture, au dessin et à la gravure. Il se spécialise dans l'art du paysage et est reçu dans ce genre à l'Académie Royale de peinture et de sculpture le 27 mars 1706, comme peintre paysagiste. On connaît de lui principalement des dessins. Il se forge son propre style, inspiré des primitifs flamands pour le trait et usant de forts contrastes de lumière, et fait du paysage un genre à la fois pittoresque et rustique. Ses dessins, ornés de fermes, de hameaux ou de ruines, sont exécutés au crayon tendre ; la plupart ont été gravés par François Devin ou A. Silvestre, dans l'atelier de son frère Charles-François, et certains par lui-même. Il subsiste un doute sur l'identité de " A. Silvestre ", qui signe une partie des gravures exécutées d'après les œuvres de Louis : longtemps considéré comme étant Alexandre, frère de Louis, il s'agit peut-être de son propre fils, Antoine, également dessinateur et graveur (Cf. notice consacrée à Alexandre Silvestre).

Louis Silvestre ne connaît cependant pas le succès de son père ou de ses frères et semble avoir cultivé son propre style au détriment des goûts de son époque. Il n'occupe aucune charge officielle mais porte successivement, par protection de son illustre parrain, les titres de maître à dessiner du Dauphin puis peintre ordinaire du Dauphin, sans toutefois bénéficier d'aucun brevet ou rémunération.

Le 2 février 1703, Louis Silvestre épouse Marguerite Charvilhat, fille de François Charvilhat, trompette des menus plaisirs du Roi, et d'Anne Payaud. Ils ont 5 enfants. Leur fille aînée, Elisabeth (27 février 1705 - 18 mai 1775), ainsi que sa sœur cadette Marie-Marguerite (?- ?) resteront célibataires. Leur deuxième fille, Henriette-Suzanne, épouse le 27 janvier 1727 Jean-Louis Barrère, peintre de l'Académie de Saint Luc. Leurs deux fils, Louis-Jacques et Antoine, dont on ignore les dates de naissance et de décès, suivront les traces de leur père ils sont désignés respectivement comme peintre et dessinateur sur l'acte de mariage de leur sœur Henriette-Suzanne en 1727.

Louis Silvestre meurt le 18 avril 1740, âgé de 72 ans, dans la maison de la rue du Mail dont il a hérité de son père. Il est inhumé en présence de son gendre, Jean-Louis Barrère, et de François Hutin, beau-frère de Louis de Silvestre, son frère. La fortune qu'il laisse à ses enfants survivants est modeste, conformément au succès qu'il connut à son époque.

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