Louis de Silvestre "le jeune" (1675-1760)

Louis de Silvestre par Maurice Qentin La Tour
Portrait par Quentin La Tour

Louis de Silvestre par Maurice Qentin La Tour
Etude par Quentin La Tour

Louis de Silvestre "le jeune"

(1675 - 1760)

Premier peintre de Sa Majesté Polonaise
Directeur de l'Académie de peinture de Dresde
Directeur de l'Académie de Paris

Extrait du livre "L'art français dans les pays du nord et de l'est de l'Europe (XVIIIe-XIXe siècles)" Textes et documents publiés par Louis Réau, G Lundberg, R.-A Weigert. Armand Colin 1932

Quatrième fils d'Israël Silvestre et de sa femme Henriette Sélincart, Louis Silvestre le jeune (cette qualification est momentanément nécéssaire, afin de le distinguer de son frère Louis, né en 1669), après avoir sans doute étudié les premiers rudiments du dessin sous la conduite de son père, fut admis à suivre les cours de l'Académie. Elève de Charles Le Brun, il entra après la mort de ce dernier dans l'atelier de Bon Boullongne. Honorablement classé lors des diverses compétitions d'ateliers, il concourut vainement, en 1694 pour le titre suprême. Il entreprit néanmoins le voyage d'Italie, séjourna à Rome où il reçut les conseils de Carlo Maratta et obtint un prix décerné par l'Académie romaine de Saint Luc. Il visita également Venise et la Lombardie. De retour à Paris, Louis Silvestre le jeune fut reçu à l'Académie royale de peinture en 1702, nommé adjoint à professeur en 1704 ; titularisé en 1706, il devait être promu vice-recteur en 1720.

Peintre d'histoire, il travailla pour les Bâtiments, entreprit plusieurs ouvrages importants pour des églises parisiennes, exposa au salon de 1704 et s'essaya timidement au portrait. La liste des ouvrages que nous connaissons de lui, durant cette période, ne peut résumer toute son activité. Il est vraisemblable qu'un certain nombre de travaux éxécutés pour des particuliers nous échappent. A la suite du séjour à Paris du prince électoral de Saxe, fils de l'électeur, roi de Pologne, Louis Silvestre le jeune réussit à se faire engager par la cour de Saxe, une de plus brillantes, sinon la plus brillante cour d'Europe, après celle de Versailles. (voir la toile que Louis a laissé)

Louis de Silvestre
Gravure par Watelet d'après Cochin

Louis de Silvestre par Greuze
Portrait par Greuze

En 1716 seulement, il partit pour Dresde remplir son emploi de premier peintre de Sa Majesté Polonaise. Son séjour à l'étranger devait durer trente-deux ans, au cours desquels il pratiqua tous les genres. Séjournant tantôt en Saxe tantôt à Varsovie, appelé en Prusse et en Bohême, il accumula ainsi un œuvre qui s'impose surtout par son abondance. Placé en 1727 à la tête de l'Académie de peinture de Dresde, bien que son influence ait été sensiblement exagérée, il n'en demeure pas moins l'un des plus intéressants propagandistes de l'art et du goût français outre-Rhin. A ce seul titre, il mérite une particulière attention.

Amateurs passionnés des chefs-d'œuvres de l'Italie et des Flandres, Auguste II, puis son fils et successeur Auguste III paraissent aussi avoir prisé les travaux de Silvestre. En 1741, Auguste III lui accorda même des lettres de noblesse. A partir de ce moment, notre artiste ne fut plus pour ses contemporains que Louis de Silvestre et, à leur exemple, nous le nommerons dorénavent ainsi.

En 1748, le vieillard - il avait alors soixante-quatorze ans - demanda l'autorisation de prendre congé et de rentrer en France. Accueilli avec sympathie à Paris par ses collègues de l'Académie, il fut aussitôt nommé ancien recteur. Après la mort de Charles Antoine Coypel en 1752, Louis de Silvestre fut élu directeur de l'Académie, plus en sa qualité d'ancien élève de Le Brun, de survivant d'une époque héroïque de l'histoire de l'art, que par égard pour son talent. Doué d'un caractère des plus heureux, d'une mansuétude à toute épreuve, il s'acquitta de ses hautes fonctions à la satisfaction générale et, jusqu'à la fin de ses jours, il sera continuellement réélu.

Louis de Silvestre par Valade
Portrait par Valade

Louis de Silvestre

Louis de Silvestre exposa encore aux Salons de 1750 et de 1757. Des épreuves de toutes sortes attristèrent ses dernières années. Lors des débuts de la guerre de Sept ans, à la suite de l'envahissement, par les troupes prussiennes, de la Saxe, où était placée sa fortune, sa situation matérielle, si l'on en croit Mariette, serait devenue critique. Louis XV, à la demande de sa belle fille, la dauphine Marie-Josèphe de Saxe, lui accorda une pension de mille écus. Elle devait être fort irrégulièrement payée.

Logé aux galeries du Louvre depuis 1755, Louis de Silvestre y mourut le 11 avril 1760, plus qu'octogénaire.

 


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