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"Papa Silvestre" évoqué par Claude Hoin (1750-1817), peintre, dessinateur et miniaturiste français. - 1900

   

Auteur : Roger Portalis

Objet : Publication


Personnes : Jacques-Augustin de Silvestre,

Extrait de "Claude Hoin (1750-1817), gouaches, pastels, miniatures / Bon Roger Portalis", La Gazette des beaux-arts, 1900 pp.35-38





"Papa Silvestre" évoqué par Claude Hoin (1750-1817), peintre, dessinateur et miniaturiste français.
1900
Source :

Gallica


 

Transcription

Citons encore, parmi les agréables relations de notre artiste, le vénérable ami qu'il appelait familièrement le papa Silvestre. Jacques-Augustin de Silvestre, ancien maître à dessiner des Enfants de France, était fort âgé quand Claude Hoin le connut ; c'était un beau vieillard, de physionomie distinguée et d'abord affable. Arrière-petit-fils d'Israël Silvestre, il possédait un cabinet intéressant de peintures et de dessins commencé par son ancêtre. Excellent homme,très bien disposé pour Hoin, il lui confiait volontiers des dessins de maîtres, que celui-ci avait toujours aimé copier. On connaît telle chose exécutée par lui, d'après Joseph Vernet ou van Dyck, dont les originaux devaient figurer dans sa collection.

S'excusant d'avoir tardé à adresser ses hommages habituels à Mme Lefort, Hoin écrivait :

"Voilà ce qui a occasionné ce retard. Je voulais finir les deux dessins que le papa Silvestre m'avait prêtés et lui reporter ses originaux. Il sort
sur les 9 heures. Je voulais y être avant, afin d'en recevoir d'autres. J'ai réussi, j'ai de quoi m'amuser."

M. de Silvestre lui ayant demandé de reproduire au pastel les traits d'une personne à laquelle il s'intéressait fort, le peintre y mit tous ses soins :

"J'attends ma dame pour terminer son portrait. Elle est la cause que ta couronne et ton chiffre ne sont pas terminés. Tu supporteras ce désagrément, puisque c'est pour obliger ton galant papa Silvestre."

Peu après, il notera :

"Je vais tâcher de finir mon portrait de dame aujourd'hui. Colson m'a promis le venir voir demain. Je désire qu'il en soit content, d'autant plus qu'il sera placé en bonne compagnie : Rubens, van Dyck, Watteau, Vernet, etc., ornent le cabinet du papa Silvestre. Il y a même une tête de Raphaël. Tu vois qu'une telle société est effrayante. Je suis loin de ces hommes, mais ne néglige rien pour ne pas être trop déplacé à côté d'eux. Tel est ton ami, tu ne blâmeras pas en lui cet amour-propre ?"

Il porte son oeuvre, reçoit force compliments et, avec son désintéressement habituel, refuse toute rémunération :

Verrais-je ce matin mon Amélie ? Je le voudrais et pour son portrait auquel j'ai travaillé. J'ai remis hier au papa Silvestre le sien. Il en est  satisfait comme le serait un jeune homme. J'ai constamment refusé ce qu'il voulait m'offrir. Il est placé dans son cabinet ; il n'y a qu'un tableau qui le sépare d'une tête de Raphaël. Je tremblais en le posant ; un tel voisin est bien à redouter. L'instant d'après, j'ai été rassuré. A mon grand étonnement, il se soutient et agréablement. Après l'intérêt que prend mon Amélie à moi, c'est la plus grande jouissance que je puisse avoir.

[ MADAME DE ROCHEBRUNE, PASTEL DE CLAUDE HOIN  (Appartient à M. le marquis de Rochebrune.)]

Nous avons encore des nouvelles de ce pastel, un peu plus tard.
Hoin est parti pour Dijon, et, le 17 thermidor an XI, le père de Mme Amélie Lefort, M. Thuaut, lui écrit :

"Je suis chargé par M. Silvestre père de vous dire tout plein de choses agréables. Il est bien inquiet sur le sort d'une personne qui est passée dans les isles depuis 3 ou 4 mois et dont vous lui avez laissé le portrait qui est fort intéressant. J'en parle en connaissance de cause, l'ayant vu chez lui samedi dernier, jour où je m'y rendis pour l'engager à venir manger ma soupe le lendemain dimanche, ce qu'il a accepté avec complaisance. Je voulais le mettre en tête à tête avec une jeune pucelle de 80 ans, qui a beaucoup d'esprit et de tête, et dont il a paru fort content de faire la connaissance ; c'est Mlle Carnot, cousine de l'ancien directeur et par conséquent de son frère qui était commissaire du gouvernement près le tribunal de Dijon. Vous jugez que je devais donner du lait à ces deux jeunesses :
je n'en pouvais trouver de meilleur que dans le panier que vous m'avez fait passer"

J.-A. de Silvestre mourut en 1809. Chose bizarre, le pastel dont il est question plus haut ne se retrouve pas dans le catalogue de sa collection, dont Regnault-Delalande fit la vente en 1810. Il est probable qu'il fut gardé par son fils, avec les portraits de famille.
En revanche, on y retrouve le Raphaël dont le voisinage faisait si peur au peintre. C'était une tête de saint Michel, rapportée d'Italie par l'arrière-grand-père, Israël Silvestre.

 

 

Fabien de Silvestre
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