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Lettre du comte de Wackerbarth à Marie-Maximilienne de Silvestre - 31 aout 1755

comte de Wackerbarth à Marie-Maximilienne de Silvestre


Lettre du comte de Wackerbarth à Marie-Maximilienne de Silvestre
31 aout 1755
Source : non précisée


Transcription

Réponse du comte de Wackerbarth à la lettre précédente.

Ce 31 août 1755.

MADEMOISELLE,

Les grâces que M.me la Dauphine a répandues sur notre bonne Frommin font l'éloge du cœur de cette noble princesse, et même celui de la cour de Versailles, qui, malgré l'envie des courtisans, applaudit à la bonté et à la générosité de la Famille Royale. Vous avez deviné, mademoiselle, que je ne cesserais de faire des questions à la Frommin, lors de son retour en Saxe, sur tous les points qui concernent la santé, le bien-être et, principalement, l'éducation de Mgr le duc de Bourgogne, de Mgr le duc de Berry et de Madame, leur sœur. Les nouvelles publiques ont déjà désigné un gouverneur pour M.sr le duc de Bourgogne ; il me semble que ces bruits doivent être un peu prématurés, puisque vous ne m'en dites rien. Le Prince Royal Elect. pense aussi aux moyens de retirer, le plus tôt possible, son fils aîné des mains des femmes. Pour cet effet, le Roi a résolu de faire abattre le vieux jeu de paume, et de le remplacer par une aile qui joindra le palais de LL. AA. Electorales, afin d'y loger, avec plus d'aisance et de commodité, les princes, à mesure que, successivement, ils quitteront l’aya .Note

L'emplacement qui servait autrefois à la chapelle du château servira à l'établissement du jeu de paume, et ce nouveau bâtiment sera achevé dans un ou deux mois d'ici. Pendant l'hiver, on abattra le vieux jeu de paume, et on préparera tous les matériaux nécessaires à. la construction du nouveau. Je ne sais si le bon Dieu me donnera assez de vie pour voir l'exécution de tous ces projets, mais je vous avoue que je m'applaudis de voir le zèle avec lequel Leurs Altesses R. E. insistent sur ce point, et surtout sur celui de la bonne éducation de leurs chers enfants.

M. le comte de Witzthum fait état de partir d'ici vers la mi-septembre. Mme son épouse l'arrêtera longtemps en chemin, à cause de son indisposition dont vous avez été, sans doute, informée d'ailleurs. Ce ministre sera chargé du portrait de Mgr le Prince Electoral, fait de la propre main du comte de Rotori. J'ai lu à celui-ci l'article obligeant de votre lettre, qui dit que Mme la Dauphine recevra avec plaisir les six petits tableaux qu'il ose lui présenter de sa façon. Il m'en a fait voir plusieurs têtes qui représentent les divers ajustements et coiffures de nos Saxonnes, et quelques autres qui expriment les différentes passions de l'âme. Ne sachant pas auxquels donner la préférence pour rencontrer le goût de Mme la Dauphine, je lui ai dit qu'il ne ferait pas mal d'en envoyer une demi-douzaine des uns et une demi-douzaine des autres, et de les assortir de manière que l'un puisse servir de pendant à l'autre. Ma réflexion l'a encouragé à mettre la dernière main à ce travail, que Mr le comte de Vitzthum aura l'honneur de présenter lui-même à Mme la Dauphine.

En attendant, Mr le comte de Rotori m'a chargé de vous marquer l'obligation qu’il vous a, de lui avoir procuré, de Mme la Dauphine, la permission de lui faire parvenir quelques essais de son pinceau, comme un hommage de son respect et de sa profonde soumission. Il en a envoyé deux en Bavière qui ont eu beaucoup de succès ; mais c'est à Paris que se trouvent les juges les plus compétents en matière d'arts, et vous me ferez plaisir de me mander le pour et le contre en ce qui regarde sa manière de peindre, selon votre avis et celui de Mr votre père. Le susdit Rotori a vu de vos ouvrages au pastel en différents endroits, et les a beaucoup estimés. En voilà assez sur la peinture. Madame la Dauphine m'a donné occasion d'entrer dans ces détails. Je reviens à Mme la Dauphine, qui occupe, j'ose le dire, tout mon cœur et tout mon esprit. Je ne cesse de faire des prières pour l'heureux succès de sa grossesse. Elle doit donner un bon exemple à la Reine des deux Siciles, et à notre Princesse Electorale. Dès que Marie de Salmour et son mari seront rentrés en ville, ce qui arrivera dans peu de jours, je leur dirai toutes les expressions obligeantes que vous me marquez, mademoiselle, pour leur compte. Ils se portent fort bien, et, s'il ne tenait qu'à eux et à moi de rendre Mr votre frère aussi heureux qu'il le mérite, il le serait certainement.

Faites bien, je vous prie, mille assurances d'amitié et d'estime à Mr votre père et a Mr l'abbé Allaire. Il est inutile de vous écrire des nouvelles de ce pays-ci, puisque M. le comte de Vitzthum doit vous en donner, dans peu, sur tous les sujets sur lesquels vous le questionnerez.

J'ai l'honneur d'être, avec toute l'estime et l'attachement possibles....

 

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