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Lettre du comte de Wackerbarth à Marie-Maximilienne de Silvestre - 16 mars 1754

comte de Wackerbarth - Marie-Maximilienne de Silvestre


Lettre du comte de Wackerbarth à Marie-Maximilienne de Silvestre
16 mars 1754
Source : Edouard de SILVESTRE - Renseignements sur quels peintres et graveurs des XVIIème et XVIIIème siècles Israël Silvestre et ses descendants Edouard de Silvestre - 1869


Transcription

Ce 16 mars 1754.

MADEMOISELLE,

La lettre dont vous m'avez honoré, le l7 février, m'a d'abord causé une grande inquiétude au sujet de Mgr le duc d'Aquitaine dont vous m'annonciez l'indisposition. Mes tristes pressentiments ne se sont trouvés que trop vérifiés, lorsque, huit jours après, nous apprîmes la mort de ce cher prince.

Ici, S.M. le Roi, la Reine et toute la Famille Royale ont ressenti une vive douleur de cette perte qui était d'autant plus fâcheuse que la santé de al.” la Dauphine pouvait en recevoir quelque altération. Dieu soit loué l les nouvelles d'après nous ont délivrés de cette crainte. On nous mande que le Roi très-chrétien se console de cette perte ; que Mgr le Dauphin, avec une piété admirable, en a fait le sacrifice au Seigneur, et que Mme la Dauphine, toute résignée, se porte bien, de même que Mgr le duc de Bourgogne et Madame de France, sa fille.

Continuez, je vous prie, mademoiselle, à me donner de bonnes nouvelles. Celles que je puis vous écrire d'ici sur la Famille Royale sont également satisfaisantes ; mais Mme la duchesse de Courlande a été attaquée, avant-hier, d’un accès de paralysie dont elle aura de la peine à guérir. J'espère que vous nous donnerez, au premier jour, avis de l'heureuse arrivée de Mr votre frère à Versailles. Il a quitté Dresde avec beaucoup de regret en se séparant de sa digne femme, de ses chers enfants et de ses amis ; mais il aura trouvé du dédommagement à Paris, en compagnie de Mr son père et de sa bonne sœur, qui lui procureront, j'en suis sûr, tous les moyens de rétablir sa santé. Connaissant la pente naturelle du cœur bienfaisant de Mme la Dauphine, je n'ai point écrit à cette excellente princesse en faveur de Mr votre père, mais je lui mande par la poste, aujourd'hui, que toutes les grâces qu'elle lui accordera rejailliront sur moi, à cause de la véritable amitié et estime que je lui porte.

Je ne puis terminer cette lettre sans vous faire des compliments, mademoiselle, de la part de leurs Altesses Royales Elect. qui ont fort agréé vos félicitations sur la naissance de leur troisième prince. Celui-ci se porte à merveille. Nous célébrons, après-demain, sa fête, celle de sa chère tante et marraine, et celle de sa grand'maman. Que le bon Dieu comble de ses plus chères bénédictions, et ces trois Joseph et toute leur auguste postérité !

J’ai l'honneur d'être, mademoiselle. . . ..

P. S. Bien des compliments, de ma part, à Mr votre père, a Mr votre frère et à M. l'abbé Allaire.

 

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