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Lettre de Marie-Maximilienne de Silvestre au comte de Wackerbarth - 13 décembre 1751

Marie-Maximilienne de Silvestre - comte de Wackerbarth


Lettre de Marie-Maximilienne de Silvestre au comte de Wackerbarth
13 décembre 1751
Source : Edouard de SILVESTRE - Renseignements sur quels peintres et graveurs des XVIIème et XVIIIème siècles Israël Silvestre et ses descendants Edouard de Silvestre - 1869


Transcription

Versailles, le 13 déc. 1751

Monseigneur,

Je meurs de confusion lorsque je pense que je n'ai pu répondre directement a plusieurs lettres que vous m’avez fait l’honneur de m'écrire, toutes remplies de bonté, de confiance, et des choses du monde les plus affectueuses. Je serais inconsolable si je croyais que cela pût vous faire soupçonner le moindre relâchement au respect et à l’inviolable attachement que je vous ai voués pour la vie.

Je n'ai négligé aucune de vos commissions, aucun de vos ordres, Monseigneur, et j'ai déjà eu le bonheur de réussir en partie. Mr Amelot de Rouissil est placé dans le régiment de Mme la Dauphine. J 'ai porté vos vœux à Mgr le duc de Bourgogne, qui les a reçus avec toute la bonté et la dignité qui convient à un si grand prince Note. Madame, sa sœur, y a joint les grâces de sa mère, et je vois qu'elle vous aimera beaucoup. Leur santé est parfaite. J’ai bonne espérance en ce qui regarde le pauvre Clermont ; Mr le comte de Mailly Note se donne tous les mouvements nécessaires pour le faire entrer valet de pied chez Mme la Dauphine, ce qui ne laissera pas que d’être difficile, parce qu’il faudra augmenter de deux le nombre de ces employés; mais j'espère que la chose pourra réussir.

Je vous supplie, Monseigneur, de me faire savoir, avec sincérité, si S.A.R. a été satisfaite du ruban de diamants. M. Bondé a des diamants de reste dont il comptait faire une fleur pour mettre sur la tête en guise d'aigrette. Il les monte parfaitement bien. Oserais-je vous prier, en me nommant, de me mettre, au commencement de cette année, aux pieds de LL. AA. RR. ? J'ai encore une très grande prière à vous faire, c'est de conserver une santé si nécessaire à leur service et à leur gloire, et de me conserver a moi ces bontés dont je sais si bien connaître le prix.

Vous avez fait ici une conquête, Monseigneur, dont il faut que je vous instruise. Mme la duchesse de Brancas a remarqué la beauté et la candeur de votre physionomie dans la copie du tableau de Neuhaüs qu'a Mme la Dauphine ; ce que j'ai pu lui dire de l'âme n'a rien diminué à ces sentiments. Vous serez bientôt à portée de lui en marquer votre reconnaissance. Mme de Lauragais Note doit aller en Saxe, au commencement de l'année, avec ses petits-fils qui sont très-aimables et très-bien élevés. Je suis persuadée que votre politesse, et l'amour que vous avez pour la jeunesse qui se porte au bien, vous engageront a leur procurer tous les avantages qui dépendront de vous. Cette dame s'est dépouillée de tous les préjugés de notre nation, et a voulu que les trois années que perdent ordinairement nos jeunes seigneurs, fussent employées à leur acquérir des connaissances que tout l‘esprit du monde ne saurait remplacer.

Mon père vous offre tous ses vœux avec ses profonds respects, et vous supplie d'honorer toujours ses enfants de votre puissante protection.

Je suis avec un très-profond respect,
De Votre Excellence,
La très-humble et très-obéissante servante,
Marie de SILVESTRE.

 

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