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Jacques-Augustin de Silvestre (1719 - 1809)


Jacques-Augustin de Silvestre
Jacques-Augustin de Silvestre

Chevalier de l'ordre de Saint Michel,
Maître à dessiner des Enfants de France.

Jacques Augustin de Silvestre s'est distingué particulièrement par son talent pour la peinture et par son goût éclairé pour les beaux arts.

Dès sa plus tendre jeunesse, Jacques Augustin de Silvestre se livra à l'étude de la peinture, et il fit des si rapides progrès que, dès l'âge de 14 ans, il fut jugé en état de donner des leçons de dessin aux pages du roi ; ses talents et sa douceur lui concilièrent l'attachement de cette nombreuse jeunesse, et les succès qu'il obtint déterminèrent son père à lui confier les leçons de dessin aux Enfants de France, que sa santé chancelante ne lui permettait plus de donner avec une suffisante exactitude. Le jeune Jacques-Augustin dans un âge aussi tendre, sut mériter l'estime des employés supérieurs dans l'éducation des princes, et fut assez heureux pour inspirer à ses élèves le goût des beaux-arts.

La considération dont Jacques-Augustin jouit bientôt, l'existence honorable que ses places lui procurèrent, la faveur même aupres du Dauphin et de Madame de France, un premier mariage qu'il avait contracté, rien ne put lui faire perdre de vue que son entrée prématurée dans la carrière de l'enseignement ne luis avait pas laissé assez de temps pour se perfectionner. Tourmenté du désir de se livrer à des études suivies, il pensait avec raison qu'un séjour de quelques années consacrées au travail dans la patrie des beaux-arts pourrait seul permettre d'acquérir de vrais talents. Soupirant depuis longtemps après ce bonheur, Jacques-Augustin obtint enfin ce qu'il désirait le plus, la permission d'aller en Italie.

Arrivé à Rome, il s'y livra au travail le plus assidu, et passa trois années à dessiner d'après les chefs-d'oeuvre dont cette ville célèbre est enrichie. La noble émulation que fit naître en lui la vue des ouvrages des jeunes artistes alors à la pension du roi, et avec lesquels il s'était lié d'amitié, entretenait et ajoutait encore à l'ardeur qu'il avait pour l'étude de la peinture ; mais le décès de son épouse, qu'il perdit à Versailles pendant qu'il était en Italie, l'obligea à repasser en France : il y fut reçu avec une bienveillance marquée par ses élèves, alors devenus ses protecteurs, et il fut près d'eux le conseil et l'arbitre de toutes les décisions relatives aux beaux-arts.

Son caractère de franchise et d'impartialité vien connue, rendait toujours ses avis d'un grand poids ; il ne désignait, pour les travaux à faire, que des hommes d'un vrai talent : les princes lui eurent l'obligation de ne les accorder qu'au mérite réel ; S'il profita de sa faveur, ce ne fut que pour faire aprécier les artistes habiles ; il donna l'exemple trop rare de l'homme en place qui n'emploie son crédit que pour la gloire des protecteurs et l'avantage des protégés.

Jacques-Augustin à son retour de Rome sentit les atteintes d'une maladie de poitrine, pour laquelle il fut formellement condamné par des médecins célèbres du temps ; ses amis s'inquiétèrent vivement de son état, et Mesdames Adélaïde et Vicoire l'engagèrent à se mettre au lait pour toute nourriture ; il le fit, et trouva cette manière d'exister si bonne et en même temps si commode, que ce qu'il avait commencé par besoin, il le continua par sobriété, et il employa pendant 22 années consécutives l'usage du lait, dont il fit sa nourriture presque unique. Sans doute dut il à ce régime la prolongation de son existence, et la santé dont il a joui continuellement jusqu'à l'âge de 90 ans.

Sans cesse occupé du désir d'obliger, Jacques-Augustin consacra cette longue carrière à rendre service à tous ceux qui avaient l'avantage de le connaître ; ce qu'il chérissait le plus ne semblait pas lui appartenir. Une collection considérable de tableaux, dessins et estampes des plus anciens et des plus habiles maîtres, dont il avait hérité de ses pères et qu'il avait considérablement accrue, était sa plus douce jouissance ; son cabinet était toujours ouvert aux artistes et aux amateurs, et le moindre désir d'en copier quelques morceaux le déterminait à les prêter pour un temps illimité, se croyant toujours l'obligé de celui qui l'avait mis à portée de lui rendre service.

Jacques Augustin avait reçu du Roi le Cordon Noir, comme récompense de ses travaux, et à cette occasion, les lettres de noblesse allemandes de sa famille furent confirmées en France. Mais sa carrière ne fut pas d'ailleurs exempte de violents chagrins ; Trois fois il perdit la personne sur laquelle il avait fondé l'espoir de son bonheur futur. Sa troisième femme, morte en 1764, lui laissa deux enfants, qui ont été son soutien et sa consolation dans les temps de troubles civils qui affligèrent ses dernières années ; alors il perdit ses places et pensions, il ne lui resta qu'une modique rente viagère pour tout dédommagement de son logement aux galeries du Louvre, dont il avait été expulsé.

Il supporta ses malheurs avec résignation : son cabinet lui restait, et plus encore, la tendresse de ses enfants. Mme de Bonnard, sa fille, modèle de toutes les vertus, se consacra toute entière à la consolation de son vieux père ; Mais il éprouva encore, au bout de quelques années, le nouveau malheur de voir cette fille si chère enlevée par la mort à sa tendre affection. Son fils seul lui resta, et il trouva auprès de ce fils des adoucissements à des maux qui avaient été si cuisants.

Il conserva aussi des amis, il avait été toujours si bon pour les autres qu'à la fin de sa carrière il ne fut point abandonné. En effet, jamais on n'avait poussé la bonté et l'oubli de soi-même plus loin que Jacques-Augustin ; Il se montrait sans cesse occupé du bonheur des autres, sensible et reconnaissant, même des services qu'il était le plus en droit d'exiger. L'âge avancé, qui souvent amène l'âpreté et la mauvaise humeur, ne changea rien à la douceur de son caractère. La crainte qu'il avait de gêner et d'embarasser lui avait fait prendre l'habitude de vouloir rester souvent seul ; et même dans ses moments d'indisposition,il cherchait à éloigner de lui ses proches et ses domestiques, croyant toujours qu'ils pouvaient avoir ailleurs quelque chose de plus utile ou de plus agréable à faire.

Aussi peu exigeant à ses derniers moments qu'il avait été pendant le cours de sa vie, il termina sa longue carrière avec le calme de l'homme juste et sans reproche, emportant les regrets des nombreux amis et des artistes qu'il n'avait jamais cessé d'obliger.

Documents

DatePiècePersonnes
Nouveau d'Hozier Fascicule Silvestre d'Hozier, Louis de Silvestre , Nicolas-Charles de Silvestre, Jacques-Augustin de Silvestre
20 avril 1751 Acte de mariageJacques-Augustin de Silvestre & Anne Marie Besnard
8 mars 1757 Acte de mariageJacques-Augustin de Silvestre & Marie Louise Haudigué
16 février 1762 Acte de mariageJacques-Augustin de Silvestre & Anne Françoise Louise Férès
30 septembre 1794 Certificat de non contre révolutionnaireJacques-Augustin de Silvestre
30 janvier 1795 Déclaration de biens de Jacques-Augustin SilvestreJacques-Augustin de Silvestre, Augustin-François de Silvestre, Anne Charlotte Sophie de Silvestre veuve Bonnard.
30 janvier 1795 Acte d'indigenceJacques-Augustin de Silvestre
3 novembre 1795 Certificat Prescrit pour toucher à la caisse de la Dette publique et des PensionsJacques-Augustin de Silvestre
3 novembre 1795 Certificat de non-émigrationJacques-Augustin de Silvestre
8 novembre 1795 Déclaration de revenusJacques-Augustin de Silvestre
1832 Biographie des hommes remarquables du département de Seine-et-Oise depuis le commencement de la monarchie jusqu'à ce jourMM. E. et H. Daniel, Jacques-Augustin de Silvestre, Augustin-François de SILVESTRE
1851 Mémoires de la Société royale des sciences, lettres et arts de Nancy - Recherches sur quelques artiste lorrains, Claude Henriet, Israël Henriet, Israël silvestre et ses descendants par M. E. MeaumeE. Meaume,Israël Silvestre, Charles-François Silvestre, Alexandre Silvestre, Louis Silvestre, Louis de Silvestre, Nicolas-Charles de Silvestre, Suzanne-Elisabeth de Silvestre, Jacques-Augustin de Silvestre, Augustin_François de Silvestre, Edouard de Silvestre
1852 Recherches sur quelques artistes lorrains : Claude Henriet, Israël Henriet, Israël Silvestre et ses descendantsÉdouard Meaume Israël Silvestre, Charles-François SILVESTRE, Alexandre Silvestre, Louis de SILVESTRE, Louis Silvestre, Nicolas-Charles de SILVESTRE, Marie-Maximilienne de Silvestre, Jacques-Augustin de Silvestre, Augustin-François de Silvestre, Edouad de Silvestre, Claude Henriet, Israël Henriet
1869 Renseignements sur quels peintres et graveurs des XVIIème et XVIIIème siècles Israël Silvestre et ses descendantsEdouard de SILVESTRE, Israël Silvestre, Charles-François Silvestre, Suzanne-Elisabeth Silvestre, Nicolas-Charles de Silvestre, Alexandre Silvestre, Louis Silvestre, Louis de Silvestre, Jacques-Augustin de Silvestre, Augustin-François de Silvestre, Marie-Maximilienne de Silvestre
1905 Essai d'armorial des artistes français (XVIe-XVIIIe siècles), lettres de noblesse, preuves pour l'Ordre de Saint-Michel
Seconde partie - sculpteurs, graveurs, dessinateurs, musiciens, etc.
Louis de Grandmaison, Louis de SILVESTRE, Nicolas-Charles de SILVESTRE, Jacques-Augustin de Silvestre, François-Charles de Silvestre

 

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