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Israël Silvestre (1621-1691)

Au travail !

       

 


Portrait de Israël Silvestre par Charles Le Brun (pastel) Portrait de Henriette Sélincart  par Charles Le Brun (pastel)
Israël Silvestre et sa femme Henriette Sélincart par Charles Le Brun vers 1670

Israël Silvestre

Dessinateur ordinaire du Roi, Maître à dessiner du Dauphin et des pages des Grande et Petite Ecuries, Conseiller du Roi en son Académie Royale de peinture et de sculpture

Portrait funéraire par Charles Le Brun
Henriette Sélincart
Portrait funéraire par Charles Le Brun

Né à Nancy le 13 août 1621 et baptisé le 15 à Saint-Epvre, Israël Silvestre apprend les premiers rudiments du dessin et de la peinture sous la direction de son père et montre très tôt une grande disposition pour les arts. En 1631, alors âgé de 10 ans, il perd ses parents et vient se réfugier à Paris chez son oncle maternel et parrain, Israël Henriet, qui le reçu comme son propre fils.

Israël Henriet était un peintre médiocre mais un excellent dessinateur. Il avait étudié auprès des mêmes maîtres que son ami Jacques Callot, tant en Lorraine qu'en Italie. Né à Nancy, il s'était installé à Paris depuis longtemps comme peintre et dessinateur du Roi. Bénéficiant de l'engouement que suscitait le dessin à cette époque, il apprenait ce genre à des personnages de la cour et eu même l'honneur de compter Louis XIII parmi ses élèves (nous trouvons ici l'origine de la charge de " maître à dessiner " qui restera dans la famille jusqu'à la révolution française et fut occupée sans interruption par 5 générations de Silvestre). Israël Henriet vivait également d'un commerce prospère d'estampes, éditant en particulier les planches de Callot, dont il disposait de l'exclusivité par privilège, ainsi que celles de La Belle, Le Clerc, Audran etc.

Israël Silvestre par Edelinck d'après Charles Le Brun
Israël Silvestre par Edelinck

Arrivé très jeune à Paris, Israël Silvestre perfectionna son art du dessin auprès de son oncle qui le prit comme élève, en lui donnant à copier à la plume des pièces de Callot, et apprit la manière de graver en taille douce. Il fit des progrès rapides qui lui permirent, après quelques années de travail assidu, d'entreprendre une carrière indépendante. C'est alors qu'il parcourut les environs de Paris et plusieurs provinces de France et composa de nombreux ouvrages qui établirent sa réputation comme dessinateur et comme graveur.

Comme le voulaient les usages de l'époque, il entreprit plusieurs voyages en Italie, pour copier les maîtres anciens et se perfectionner auprès des plus grands maîtres. Faucheux fixe les dates de ces voyages, pour le premier avant 1640 (Israël n'avait alors pas 20 ans), le deuxième de 1643 à 1644 et le dernier vers 1653. Israël en ramena de nombreuses vues d'Italie qu'il grava pratiquement toutes. Il effectua jusqu'en 1659 d'autres voyages en France et en Lorraine, dont il tira quantité de dessins et de gravures.

De retour à Paris, il s'installe chez son oncle, rue de l'Arbre Sec, et tire profit des fruits de ses travaux en obtenant le privilège d'imprimer et de vendre ses ouvrages à l'exclusion de tous autres. En 1661, année du décès d'Israël Henriet, il hérite de ce dernier, en tant que légataire universel, des fonds de planches de Callot et de La Belle, qui, s'ajoutant à sa propre production, lui assurent des revenus confortables.

Signature d'Israël Silvestre
Signature d'Israël Silvestre

Israël Silvestre se marie tard, à l'âge de 41 ans, et épouse le 10 septembre 1662, dans sa paroisse de Saint Germain l'Auxerrois, Henriette Sélincart, fille d'un marchand de Paris. Nous connaissons au moins 10 enfants de cette union, dont 5 seulement survivront à leur Père. Henriette passe pour avoir été une femme remarquable tant par son esprit que par sa beauté, comme en témoignent les portraits que Charles Lebrun a réalisés.

Son mariage ne ralentit pas la carrière artistique d'Israël. En 1662, il est nommé dessinateur et graveur du Roi, obtient la charge de maître à dessiner des pages de la Grande Ecurie en 1667 et en 1673 celle de maître à dessiner du Dauphin (fils aîné de Louis XIV et grand-père de Louis XV, appelé le Grand Dauphin). Il bénéficie également d'un brevet qui lui accorde un logement aux galeries du Louvre en 1668. Israël est reçu à l'Académie Royale de peinture et de sculpture en 1670 sur la recommandation de Charles Lebrun. Il est par ailleurs à la tête d'un atelier important, où il compte au moins deux élèves, les graveurs François Noblesse et Meunier, ainsi que de nombreux collaborateurs parmi les meilleurs artistes de leur temps : Stefano de LaBella, Jean Le Pautre, les trois Pérelle (Gabriel, Nicolas et Adam), François Collignon, Jean Marot, etc.

Il est impossible de dresser ici un inventaire complet des œuvres d'Israël Silvestre, tant l'artiste a été prolifique. Il laisse de nombreux dessins et plus de mille pièces gravées (Cf. Faucheux " Catalogue raisonné de toutes les estampes qui forment l'œuvre d'I.S. "). Parmi ses plus beaux ouvrages, on peut néanmoins citer le Carrousel de 1662, la représentation des " Plaisirs de l'Isle Enchantée ", les vues des demeures royales d'Ile de France, dont Versailles, Vaux et Fontainebleau, ou les suites des églises de Rome.

Israël Silvestre perd sa femme le 1er septembre 1680 et lui survit encore pendant 11 ans. Il meurt le 11 octobre 1691, dans son appartement aux galeries du Louvre, âgé de 70 ans et est enterré auprès de sa femme, dans l'église Saint Germain l'Auxerrois. Il laisse à ses cinq enfants, dont deux encore mineurs, une fortune confortable, faute d'être importante, et surtout le goût des arts, que chacun cultivera selon son talent, et la bienveillance de ses anciens élèves, devenus ses protecteurs.

Documents :

DatePiècePersonnes
15 aout 1621 Acte de baptême d'Israël SilvestreIsraël Silvestre
10 septembre 1662 Mariage de Israël Silvestre avec Henriette SélincartIsraël SILVESTRE
1673 Les beautez de la Perse; ou, La description de ce qu'il y a de plus curieux dans ce royaume, enrichie de la carte du païs, & de plusieurs estampes dessignées sur les lieuxAndré Daulier Deslandes Vendomois, Israël Silvestre
21 avril 1673 Brevet de Maître à dessiner du Dauphin pour Israël SilvestreIsraël Silvestre
10 mai 1675 Brevet de logement dans les galleries du Louvre pour le Sr Silvestre 10 mai 1675Israël Silvestre
1750 Recueil d'un grand nombre de vues des plus belles villes, palais, chateaux, maisons de plaisance de France, d'Italie... dessinés et gravés par Israel Silvestre en 4 tomesLaurent Cars Israël Silvestre
1851 Mémoires de la Société royale des sciences, lettres et arts de Nancy - Recherches sur quelques artiste lorrains, Claude Henriet, Israël Henriet, Israël silvestre et ses descendants par M. E. MeaumeE. Meaume,Israël Silvestre, Charles-François Silvestre, Alexandre Silvestre, Louis Silvestre, Louis de Silvestre, Nicolas-Charles de Silvestre, Suzanne-Elisabeth de Silvestre, Jacques-Augustin de Silvestre, Augustin_François de Silvestre, Edouard de Silvestre
1852 Recherches sur quelques artistes lorrains : Claude Henriet, Israël Henriet, Israël Silvestre et ses descendantsÉdouard Meaume Israël Silvestre, Charles-François SILVESTRE, Alexandre Silvestre, Louis de SILVESTRE, Louis Silvestre, Nicolas-Charles de SILVESTRE, Marie-Maximilienne de Silvestre, Jacques-Augustin de Silvestre, Augustin-François de Silvestre, Edouad de Silvestre, Claude Henriet, Israël Henriet
1857 Catalogue raisonné de toutes les estampes qui forment l'oeuvre d'Israel Silvestre : précédé d'une notice sur sa vieL. E. Faucheux Israël Silvestre
1858 Abecedario de P. J. Mariette : et autres notes inédites de cet amateur sur les arts et les artistes. P. J. Mariette, Israël Silvestre, Charles-François Silvestre, Alexandre Silvestre, Louis Silvestre, Louis de Silvestre, Nicolas-Charles de Silvestre, Suzanne de Silvestre
1869 Renseignements sur quels peintres et graveurs des XVIIème et XVIIIème siècles Israël Silvestre et ses descendantsEdouard de SILVESTRE, Israël Silvestre, Charles-François Silvestre, Suzanne-Elisabeth Silvestre, Nicolas-Charles de Silvestre, Alexandre Silvestre, Louis Silvestre, Louis de Silvestre, Jacques-Augustin de Silvestre, Augustin-François de Silvestre, Marie-Maximilienne de Silvestre
1873 Actes d'état-civil d'artistes français : peintres, graveurs, architectes, etc. : Extraits des registres de l'Hôtel-de-ville de Paris, détruits dans l'incendie du 24 mai 1871Henri Herluison, Israël Silvestre, Suzanne-Elisabeth Silvestre, Charles-François Silvestre, Louis Silvestre, Louis de Silvestre, Nicolas-Charles de Silvestre
1885 "Israël Silvestre et sa famille" suivi du catalogue de son oeuvreF. Baré, Israël Silvestre, Charles-François Silvestre, Alexandre Silvestre, Louis Silvestre, Louis de Silvestre, Marie-Maximilienne de Silvestre, Nicolas-Charles de Silvestre, Suzanne-Elisabeth Silvestre, Jacques-Augustin de Silvestre, Augustin-François de Silvestre
1977 Israël Silvestre, Vues de ParisJean-Pierre Babelon Israël Silvestre
1997 Ombres et Lumières. T.1 - La fille aux sortilègesRégis Parenteau-Denoël Israël Silvestre
2002 Les Carroussels en FranceStéphane Castellucio Israël Silvestre
octobre 2005 Israël Silvestre dessinateur graveur du Roi SoleilS. Pavese, Israël Silvestre
21 novembre 2016 Le Carrousel du Roi-SoleilHélène Delalex Israël Silvestre
2018 La France vue du Grand Siècle, Dessins d'Israël silvestreBénédicte Gady, Juliette Trey Israël Silvestre
6 juin 2019 Éloge d’un “graveur paresseux”, Israël Silvestre (1621-1691)Marianne Grivel Israël Silvestre

 

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